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Question directe à

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André Cicolella, chimiste toxicologue, président du réseau environnement santé (RES)

Propos recueillis par Christelle Garancher



La ville de Nanterre vient de signer la charte Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens mise en place par le RES. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

André Cicolella : En signant cette charte, les collectivités locales s’engagent à réduire l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens (PE). Qualifiées par l’Organisation mondiale de la santé de “menace mondiale” à laquelle il faut trouver une solution, ces substances sont responsables de maladies chroniques majeures comme les cancers du sein et de la prostate, le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, mais aussi de troubles du comportement. Depuis 2017, le RES propose aux communes, départements et régions de signer cette charte qui repose sur cinq points : l’élimination de l’emploi de pesticides, le développement d’une alimentation bio et non contaminée par des PE contenus dans les emballages en plastique par exemple, la mise en place d’actions de sensibilisation et d’information de la population, l’instauration de critères pour les contrats et achats publics obligeant les fournisseurs à limiter l’usage de PE dans leurs produits et, enfin, la réalisation d’un rapport annuel. La signature de cette charte est accompagnée à Nanterre de l’opération zéro phtalate. Les élus, dont le maire, Patrick Jarry, se sont soumis à un prélèvement de cheveux pour connaître leur taux d’exposition à ces PE. Il s’agit là de signes forts de la mobilisation de la ville en faveur de la santé de ses habitants.