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Des petites mains contre le coronavirus

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Grâce à la mobilisation de dizaines d'apprenti·e·s couturier·ère·s, de nombreux personnels toujours sur le terrain durant cette période d'épidémie disposent enfin de masques de protection.

Face à la pénurie de masques au Cash (1), mais aussi dans les supermarchés, les services publics ou parmi les travailleurs indépendants, la solidarité s'organise. La création d'un groupe Facebook le 20 mars par trois couturières nanterriennes a suscité un large élan de solidarité. En moins d'une semaine d'existence, l'Atelier du possible, c'est son nom, a rassemblé environ 80 personnes, majoritairement des femmes mais aussi plusieurs hommes.
Chacun chez soi, mais tous reliés par le fil invisible du numérique, confectionne des dizaines de masques en tissu sur le modèle proposé par l'hôpital de Grenoble. Près de 150 ont déjà été livrés, en premier lieu au personnel non soignant du Cash qui est en contact avec le public mais ne disposait d'aucune protection. Il ne s'agit pas de masques de type FFP2 destinés à protèger le porteur contre les risques d'infection, mais de masque anti-projection dits “chirurgicaux”. Très couvrants, ils sont efficaces pendant quatre heures, après quoi ils doivent être lavés à 60°. “J'arrive à en faire 20 dans l'après-midi, et aujourd'hui, mes enfants vont apporter la dernière livraison au magasin Leclerc près de chez nous, qui nous a sollicité, témoigne Chantal Peter, l'une des premières couturières. J'ai tout de suite répondu à l'appel. Je trouve que c'est une très bonne idée de se rendre utile alors que l'on est confinés. J'adore coudre et je suis une collectionneuse de tissus. Pour ces masques, j'utilise même les anciennes serviettes en micro-fibres de mes enfants pour faire la couche molletenée. Entre les membres de l'Atelier, nous communiquons en permanence pour nous entraider, laisser si besoin du matériel devant la porte d'une voisine, etc.” S'associant à cette initiative, la Ressourcerie de Nanterre a fourni des tissus, élastiques, molletons, fils et rubans.
Pour les couturières ne disposant pas de machines à coudre, la ville met à disposition celles du centre social et culturel P'arc en ciel. Progressivement, d'autres associations pratiquant une activité couture et de nombreux particuliers entrent dans la boucle. “C'est une grande chaine de solidarité, ajoute Chantal Peter. Certains confectionnent aussi des gâteaux pour remercier le personnel de l'hôpital. En ce qui concerne les masques, nous sommes de plus en plus sollicités, notamment par des personnes qui travaillent à domicile. Il y a un énorme besoin auquel répond un élan incroyable de solidarité.”

(1) Centre d'accueil et de soins hospitaliers

Informations sur Facebook : masques tissu pour personnels en contact avec le public.