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Nature en ville

Bientôt une (petite) forêt à l’université

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Planter une forêt en deux jours, c’est possible ! Démonstration sur le campus de l’université Paris-Nanterre.

Il y a le vert cru de la pelouse environnante, le jaune pâle de la paille qui recouvre les premiers plants et le noir odorant de la terre végétale fraîchement retournée. Une palette sensuelle pour un projet étonnant puisqu’il s’agit de créer en deux jours une (petite) forêt. Quelques chiffres : 700 arbres de 30 espèces différentes sur 220 m2, soit trois par mètre carré, plantés par 49 bénévoles (étudiants, profs, habitants, personnels de la fac) présents par roulement – crise sanitaire oblige. Cette forêt dite nourricière a été implantée mi-décembre sur un coin retiré du campus, près de l’entrée Noël-Pons. Sa création a été rendue possible par la première campagne de budget participatif organisée par l’université et le Crous de l’académie de Versailles en 2019 (https://consultation.parisnanterre.fr/).

La méthode Miyawaki

À l’origine, c’est un projet du Labeess (Laboratoire éthique, économique, social et solidaire), un collectif d’étudiants de Paris-Nanterre réunis autour de projets écolos, sociaux et solidaires. Leur volonté était de créer une forêt nourricière selon la méthode d’Akira Miyawaki, un botaniste japonais de presque 93 ans. Il a élaboré une méthode rapide de reforestation inspirée des forêts naturellement très denses autour des temples au Japon. Il s’agit de planter de nombreuses essences d’arbres différentes sur chaque parcelle, afin de maximiser la biodiversité. À l’extérieur, le manteau : des arbustes, houx, groseilliers, églantines, mûriers, rosiers des champs pour nourrir les oiseaux et les petits mammifères. Au centre, le cœur, avec des espèces plus hautes et toutes locales : hêtres, chênes, érables…« On voulait rendre le campus mieux qu’on l’a trouvé et laisser une trace positive, raconte Daria Paholikava, 21 ans, étudiante en L2 d’anthropologie et coprésidente du Labeess. Une forêt, ça reste, on peut la regarder ! » Les plants choisis sont jeunes, donc bas (moins d’un mètre) et peu chers (1 000 euros seulement pour l’ensemble des arbres). « 2-3 ans c’est l’âge idéal pour les planter, sinon leurs racines sont plus importantes et les pépiniéristes sont obligées de les couper, ce qui rend leur reprise plus difficile », explique Dana Dobreva, bénévole chez Boomforest, association spécialisée dans la plantation de forêts selon la méthode Miyawaki. Il faudra ensuite arroser : le paillage maintient l’humidité au sol et empêche la pousse de trop nombreuses mauvaises herbes.

Un campus vert

Pour les bénévoles présents, c’est un vrai bonheur : « J’ai choisi d’étudier à Nanterre pour son campus très vert, raconte Nils, 21 ans. Les plantes sont une passion, jardiner a un côté méditatif qui me fait du bien, j’en ai besoin ! » Éline, 20 ans et Marie-Anne, 23 ans, toutes deux en 3e année de psycho viennent juste de se rencontrer.« J’ai voté pour ce projet, explique Éline, ça me tenait à cœur d’y participer ! » « J’habitais avant dans une grande maison avec jardin, je suis désormais logée en résidence universitaire, la verdure me manque. Je suis venue pour prendre l’air, profiter de la nature et faire des rencontres », renchérit Marie-Anne. Encore un peu d’huile de coude, d’arrachage d’herbes folles pendant deux ou trois ans et la forêt, très dense, atteindra déjà les deux mètres, grâce à la concurrence entre espèces. Une vraie course vers la lumière !