Nanterre sur tous les fronts

Dossier

" Nous devons vacciner à plus grande échelle "

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Didier Debord, conseiller municipal délégué à la santé

Interview de Didier Debord, conseiller municipal délégué à la santé.

L’organisation de la vaccination est un défi important. Comment la ville s’organise-t-elle pour y répondre ?

Didier Debord : La ville a anticipé très tôt l’ouverture d’un centre de vaccination à l’espace Chevreul en déposant, dès début janvier, un dossier auprès de la préfecture. Ce centre fonctionne en partenariat avec l’hôpital qui a accueilli le premier centre de vaccination. Il était convenu avec le préfet que la ville prendrait le relais lorsque le mouvement de vaccination s’amplifierait. Aujourd’hui, nous pourrions vacciner 4 000 personnes par semaine, voire 5 000, si nous avions le nombre de doses suffisant. Le personnel de la ville, notamment celui de la direction de la Santé, s’est mobilisé au quotidien pour faire fonctionner ce centre. Je veux ici le remercier pour son engagement.

Qu’en est-il des professionnels de santé ?

D. D. : Nous les mobilisons via la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui regroupe l’ensemble des médecins, infirmiers, pharmaciens, etc. La mobilisation de volontaires a été forte, et la CPTS est un véritable atout dans cette situation. Car les besoins de soins perdurent, et les centres de santé municipaux restent ouverts. Notons que le centre Maurice-Thorez vaccine également les patients qui y sont suivis et que nous avons demandé au préfet de renouveler l’opération vaccinobus dans d’autres quartiers.

Le problème reste donc l’approvisionnement en vaccins ?

D. D. : C’est le souci majeur. Nous avons ouvert le 6 avril avec 450 doses pour la première semaine. Depuis, on nous en annonce entre 400 et 600 selon les semaines. C’est trop peu ! Le maire a écrit au préfet pour demander une montée en charge plus rapide du nombre de doses attribuées : 800 pour la semaine du 19 avril et entre 1 000 et 1 200 pour les suivantes. Le taux d’incidence et de positivité est élevé à Nanterre par rapport aux autres villes des Hauts-de-Seine, et nous devons être en capacité de vacciner à plus grande échelle.

Pouvez-vous nous rappeler les initiatives de la ville face à la crise sanitaire ?

D. D. : Dès le début de la crise, un lien très fort s’est créé entre l’hôpital, la ville et les professionnels de santé pour prendre en charge les conséquences de la pandémie avec l’ouverture d’un centre Covid au Palais des sports ou apporter un soutien aux Ehpad. Nous avons organisé deux distributions massives de masques aux habitants, plusieurs opérations de dépistage sur les marchés, à l’université, dans les foyers de travailleurs migrants et auprès des jeunes. Nous avons dû mettre en place des protocoles sanitaires lourds dans les écoles et les crèches.

De façon générale, la santé a toujours été une préoccupation majeure à Nanterre. Comment cela se traduit-il aujourd’hui ?

D. D. : L’engagement de la ville dans le domaine de la santé date des années 1930. Ses liens forts avec l’hôpital, la création de la CPTS – l’une des premières en France – ont été des atouts dans la crise. Nous accompagnons aussi les professionnels de santé libéraux qui souhaitent s’installer à Nanterre. Cette politique va se poursuivre avec la construction de la Maison de la santé qui regroupera le centre Maurice-Thorez, la PMI et les services de prévention, tels que l’Espace santé jeunes. Nous avons délibérément fait le choix de maintenir sa localisation dans le centre-ville car nous pensons qu’un tel équipement est structurant, au même titre que les équipements culturels, et qu’il contribue à la vitalité de notre centre ancien.

Propos recueillis par Isabelle Fruchard